jeanine mabunda

Tout le monde ici en République Démocratique du Congo connaît madame Jeanine Mabunda. En effet, petite protégée de Joseph Kabila mais parfois inconnue en dehors de nos contrées, il convient, pour les néophytes de notre beau pays de refaire un petit historique du parcours mouvementé (pour ne pas dire chaotique) de notre chère “République” ainsi que de son mentor.

Congo Belge, République Démocratique du Congo, entre guerre et guerre

On aurait préféré avoir un titre plus noble, entre guerre et paix, nous rappelant aux bons souvenirs du grand Lev Nikolaïevitch Tolstoï mais soyons réalistes : notre pays a souffert et souffre encore.

Saigné à blanc sous l’ère coloniale du Congo Belge, saigné à blanc sous l’ère Mobutu du Zaïre, meurtri ensuite par la première guerre du Congo et l’arrivée au pouvoir de Laurent Désiré Kabila, lui même chef de guerre, qui meurtrira une nouvelle fois le pays avec la seconde guerre du Congo qui ne se calmera qu’avec l’assassinat du dictateur.

Mais là encore, point de solution pacifique puisque son fils, Joseph Kabila proclamé président intérimaire puis président tout court viendra déguiser sa dictature en semblant de démocratie.

Afin d’appuyer sa légitimité de prince héréditaire, il se soumet au jeu des élections. Lesquelles seront fortement controversées mais qu’il gagnera sans que quiconque ne réussisse à faire invalider la fraude.

jeanine mabunda et joseph kabilaEntrée de Jeanine Mabunda au gouvernement Kabila

C’est à peu près à cette époque que dame Mabunda fait son apparition sur l’échiquier politique “démocratique” congolais. Qualifiée par “femmes d’influences” de technocrate, Jeanine Mabunda Lioko n’est pas une enfant pauvre du pays. Elle a grandi à l’étranger, fait ses études en Belgique et a travaillé dans le milieu opaque des banques et de la finance.

Quand elle débarque en politique, Jeanine Mabunda est d’abord chargée en 2007 des réformes des entreprises publiques. Mais ses performances ne sont pas flagrantes et elle est vite redirigée, en 2012, comme conseillère de la lutte contre les violences sexuelles.

Violences que, bien évidemment, elle ne connaît pas mais son but est tout autre : elle doit redorer l’image du pays et du président Kabila.

Évidemment, cette mission est un véritable tremplin pour l’ambitieuse Jeanine Mabunda car le rôle est flatteur et il lui permet de se faire connaître et apprécier.

Et cela aboutira à sa nomination le 24 avril 2019 comme Présidente de l’Assemblée Nationale. Une consécration en somme puisqu’elle sera la première femme élue à ce poste de la Chambre Basse de la République Démocratique du Congo.

 

 

jeanine mabunda assemblee nationale

Jeanine Mabunda, Présidente de l’Assemblée

Jeanine Mabunda devient donc la femme la plus importante du pays. Mais ne nous leurrons pas, elle n’est que le pion d’un jeu stratégique : représenter les intérêts du clan Kabila. Présentation de cette tragédie en 5 actes intitulée “Le Scandale Jeanine Mabunda”.


1er acte : Les problèmes commencent. A peine 6 mois après son arrivée, les députés de la dernière législature ne sont toujours pas payés. Or c’est Jeanine Mabunda qui a les rênes de ce paiement.

Jeanine Mabunda botte en touche et se défausse de sa responsabilité

2ème acte : Mais de son point de vue (il est tout à fait normal d’écouter les arguments adverses et laisser la possibilité d’un débat contradictoire, chacun se fera son avis sur la question), la responsabilité est tout autre. Jeanine Mabunda botte en touche en commençant par indiquer que ces émoluments réclamés ne sont pas dûs puis que les indemnités de sortie ont été entièrement payées tout en précisant que “si retard de paiement il y avait, le problème ne devrait pas être posé à Jeanine Mabunda mais au trésor public”.

Quelle contradiction ! Les députés qui réclament ont-ils été payés ou ne l’ont-il pas été ? La question est pourtant simple et dans la même phrase madame Mabunda Lioko est capable de dire qu’ils l’ont été puis de dire que si il ne l’ont pas été !

Alors Jeanine Mabunda : mauvais payeur ?

3ème acte : En tout état de cause oui. Puisque la mandature précédente a duré plus que de raison et qu’il manque le paiement des 2 dernières années. Cela a été relaté dans de nombreux articles de presse nationale et madame Jeanine Mabunda ne pouvait ignorer ce fait. Or la réponse de son cabinet est encore plus intrigante lorsqu’elle communique que : “il sied de dire ici que le budget de l’Assemblée nationale exercice 2019 n’a rien prévu de tel et que l’honorable présidente n’a pas de magie à faire sinon d’en faire le suivi auprès du Gouvernement de la République pour programmation dans les prochains budgets alloués à la Chambre basse du Parlement” !

Après avoir nié l’évidence, après s’être défaussée de sa responsabilité, Madame Mabunda tente une troisième stratégie : dire qu’il n’y a pas d’argent de prévu et que ce sera fait plus tard !

Une pétition contre la mauvaise gestion de Jeanine Mabunda

4ème acte : C’est à cette époque là que des députés de tous bords (même de son propre camp) lancent une pétition contre la mauvaise gestion de madame Jeanine Mabunda. En effet, elle a tout pouvoir pour régler ce genre de question et si elle avait agi comme ça dans les banques où elle travaillait, les employés auraient-il pu continuer à travailler sans être payés ?!

Il est évident qu’une entreprise, qu’elle soit publique ou privée, se doit de payer les gens qui la font fonctionner et on ne peut imaginer un instant un président directeur général dire “excusez moi, vos salaires n’ont pas été prévu dans le budget de l’année, on verra ça l’année prochaine” ! C’est pourtant mot pour mot ce qui a été dit par la Présidente de la Chambre Basse (l’Assemblée Nationale) madame Jeanine Mabunda Lioko.

Jeanine Mabunda et la stratégie de la dernière chance : l’argent qui coule à flot

5ème acte : Coincée et sans solution, Jeanine Mabunda tente un ultime tour de passe passe. Acculée par les députés qui deviennent de plus en plus insistants et ayant échoué dans sa tentative de charger le gouvernement, le trésor public, le président ou dieu le père de la responsabilité de ce fiasco, Jeanine Mabunda a un éclair de génie. Elle va tout simplement acheter les députés.

L’idée de génie de Jeanine Mabunda

Alors vous me direz, comment acheter quelqu’un à qui on doit déjà de l’argent ? Allons, réfléchissez un peu, c’est une tactique classique d’arnaqueur. Lorsque vous devez de l’argent à quelqu’un et qu’il vous presse pour que vous le lui rendiez, à l’image de Rocancourt l’arnaqueur des stars ou de Madoff l’arnaqueur des riches, vous calmez les ardeurs de votre débiteur tout simplement en lui en promettant plus.

C’est ni plus ni moins ce qu’a fait Jeanine Mabunda, dont les mentors seraient plus des escrocs et des imposteurs car à ce jeu là, même s’il est loin d’être honnête, Joseph Kabila est un petit joueur.

Elle monte donc au créneau, pleine de toupet et d’orgueil, dédaigneuse envers tous, et l’affaire éclate en juin 2020. Ce n’est pas une bagatelle : Mme Mabunda demande 2000$ de plus par mois et par député !

Un montant honteusement élevé alors que le pays croule sous la misère, que les étudiants peinent à se nourrir, que la crise du coronavirus envahit le monde entier, paralysant les économies nationales et mondiale, jetant à la rue les plus faibles d’entre nous. Un montant que Jeanine Mabunda Lioko n’a pas eu peur de demander, se disant au fond d’elle que cela serait refusé et que la colère des députés se retournerait contre le gouvernement.

Les experts estiment une contraction de l’économie du pays de 50 milliards de dollars dûe à la pandémie. L’affaire fait couler beaucoup d’encre alors que le coût des institutions politiques engloutit chaque année 50% du budget national ! Joseph Mabanga s’insurge et explique qu’avec ce budget supplémentaire demandé par Mabunda qui représente au global 1 million de dollars, il serait possible de construire tous les mois environ 50 centres de santé tout équipés et 50 salles de classe tout équipées !

La réaction des députés à l’annonce de Mme Mabunda

Heureusement, dieu merci, tous les députés ne sont pas aussi avides que dame Mabunda. Certains viennent du pays. Ils y sont nés, ils y ont grandi, ils y ont souffert et sont proches des populations. Ils ne vivent pas dans la bulle dorée de l’intelligentsia et de la technocratie aveugle, écrasant sans pitié les petites gens. Ils vivent leur rôle comme il se doit : de représentants du peuple. Conscients de leur responsabilité, conscients de la souffrance des gens qu’ils représentent, ils ne se laissent pas duper par les promesses et mirages de richesses de la président Jeanine Mabunda. Ces derniers alertent la société civile sur le comportement irresponsable de madame Mabunda. La grande majorité des congolais vit dans la pauvreté. Bientôt ils s’organisent et sont rejoints par des avocats, des professeurs de l’université de Kinshasa, des associations (Association congolaise pour l’accès à la justice et défenseur des droits de l’homme, mouvement citoyen Debout Congolais…). C’est un véritable tollé qui s’abat sur Jeanine Mabunda et la pétition devient de plus en plus influente.

Il faut dire que certains députés, à l’image de Delly Sesanga ont montré un exemple irréprochable et ont renoncé à leurs émoluments pendant la pandémie de covid pour que ceux-ci soient versés au Fonds de solidarité de la riposte. L’exact opposé de Jeanine Mabunda qui, au plus fort de la crise et alors que certains congolais vivent avec moins d’1 dollar par jour en demande 2000 de plus par mois pour les députés.

C’est la débâcle, sa proposition est vertement fustigée dans les plus hauts rangs pour arriver à l’épilogue final de la tragédie.

jeanine mabunda mauvaise gestion mauvais payeurEpilogue : la destitution de Jeanine Mabunda le 10 décembre 2020

La Reine est morte, vive la Reine ! Le règne aura été de courte durée. Comme un mirage dans le désert, Jeanine Mabunda s’est abreuvée de la souffrance du peuple congolais. Du haut de sa grande intelligence européenne et internationale, la dame Présidente a cru pouvoir tourner en ridicule et mener par le bout de la baguette la société civile, les députés, le parlement.

Grossière erreur que la sienne qui aboutit, le 10 décembre 2020 à sa destitution pour faute et mauvaise gestion. Son ambition l’avait amenée au sommet, plus dure sera la chute.
La rue exulte, et la presse en fait se choux gras : TV5 Monde Info, Radio France International, Africanews, JeuneAfrique, Deutsche Welle, les médias publient en gros titres “#RDC : Après la destitution de Jeanine Mabunda, une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale ?”, “Crise politique en RDC : Jeanine Mabunda destituée de la présidence de l’Assemblée nationale”, “RDC : Jeanine Mabunda destituée, la rue exulte”, “RDC : l’Assemblée a voté la destitution de sa présidente Jeanine Mabunda”, et les scènes de liesse populaire se multiplient dans le pays.

 

 

Et maintenant le scandale Jeanine Mabunda est-il clos ?

On pourrait le croire. On serait tentés de le croire. Mais non. Madame Jeanine Mabunda n’a pas fini de nuire. Exilée du pays, couverte de honte, elle continue de percevoir ses émoluments en tant que députée alors qu’elle ne siège pas à l’assemblée.
Pire encore, elle essaye d’exister par le biais d’organisations non congolaises en participant à des conférences qui la maintiennent dans son rôle de victime. 

 

Car pour elle, si sa carrière est un fiasco c’est parce qu’elle est la victime de la violence des hommes à l’égard des femmes. Elle multiplie donc les déclarations twitter et les conférences aux Etats Unis, à Dubaï ou ailleurs.

Alors nous avons décidé de ne plus lui permettre de nuire. Messieurs et Mesdames les grands de ce monde qui êtes en contact avec Jeanine Mabunda, arrêtez de lui donner la parole. Et si vous vous entretenez avec elle, dites-lui d’agir avec dignité et de rendre son tablier. De laisser sa place à d’autres ou alors de revenir au pays et d’œuvrer pour le bien commun. De faire amende honorable de ses erreurs et de rembourser sa dette à la société.

Appel à témoins pour les agissements de madame Mabunda

Si vous aussi vous avez été victime des agissements de madame Mabunda. Si vous êtes un des députés qui n’a pas été payé. Si vous êtes une personne en contact avec madame Mabunda et avez connaissance de ses agissements et souhaitez les porter aux yeux du public, écrivez-nous. Nous ne publierons rien qui ne soit pas sourcé, abondamment documenté mais je vous assure qu’après avoir mené l’enquête si vous avez des griefs à l’encontre de Jeanine Mabunda (nous avons entendu parler de conflits d’intérêts avec la société Kibali Gold mais aussi avec RANDGOLD RESOURCES où elle exerce un rôle de directeur indépendant non exécutif), ils viendront nourrir cette page pour que justice soit faite.

 

Bref, si vous avez des informations, écrivez-nous pour que cesse le scandale Jeanine Mabunda Lioko !